Renforcer les communautés : comment les coopératives d’argan transforment la vie des femmes au Maroc

Dans les coopératives d’argan, les femmes cassent les noyaux à la main : un savoir-faire devenu une source d’autonomie économique.
L’industrie de l’huile d’argan est devenue l’un des principaux moteurs de l’autonomisation économique des femmes au Maroc. Derrière chaque bouteille, un réseau de coopératives permet aux femmes de gagner leur propre revenu, d’apprendre à lire et à écrire et de bâtir leur avenir.
Les origines du mouvement coopératif
Avant les années 1990, l’huile d’argan était presque exclusivement produite dans les foyers. Dans la vallée du Souss, les femmes amazighes en fabriquaient pour leur famille en suivant des techniques transmises de génération en génération. Il n’existait ni marché commercial, ni salaire officiel, ni reconnaissance de leur expertise. La situation a commencé à évoluer à la fin des années 1990, lorsque la demande internationale a fortement augmenté, portée par des recherches sur la composition exceptionnelle en acides gras et la teneur en vitamine E de l’huile.
Les premières coopératives d’argan officielles ont été créées entre 1996 et 2000, souvent avec l’appui d’organisations internationales de développement et du gouvernement marocain. Elles ont mis leurs ressources en commun, harmonisé la qualité et donné aux femmes une structure légale pour vendre directement leur huile aux acheteurs, sans les intermédiaires qui captaient auparavant la majeure partie des bénéfices.

Autonomie économique et salaires équitables
L’adhésion à une coopérative apporte aux femmes un avantage historiquement rare dans les campagnes marocaines : un revenu personnel et régulier. Elles sont rémunérées au kilogramme d’amandons produit ou au litre d’huile pressé. La gouvernance coopérative veille à ce que les bénéfices soient répartis entre les membres plutôt que captés par des propriétaires extérieurs. Selon des études du ministère marocain de l’Agriculture et d’ONG internationales, les femmes des coopératives d’argan gagnent deux à cinq fois plus qu’avec les travaux agricoles journaliers traditionnels.
Au-delà du salaire, les coopératives proposent souvent une assurance maladie, des cotisations de retraite et des congés payés, des avantages presque inconnus dans l’emploi rural informel. Certaines ont créé des garderies sur place afin que les mères puissent travailler sans interruption ; d’autres organisent des cours d’alphabétisation pour apprendre aux femmes à lire et à écrire.

Éducation et nouvelle génération
L’un des effets les plus durables du mouvement coopératif concerne l’éducation. Lorsque les mères disposent d’un revenu stable, elles sont beaucoup plus susceptibles de maintenir leurs filles à l’école. Les coopératives réinvestissent souvent une partie de leurs bénéfices dans des projets communautaires : construction de salles de classe, bourses d’études et transport des enfants vivant dans des zones isolées. Il en résulte un changement générationnel : des filles qui auraient autrefois quitté l’école vers 12 ans terminent désormais le secondaire et, de plus en plus souvent, poursuivent des études universitaires.
Plusieurs coopératives ont aussi lancé des formations en gestion d’entreprise, contrôle qualité et compétences numériques. Elles permettent à leurs membres de passer du travail manuel à des postes de décision : négocier des contrats, gérer des budgets et représenter leur organisation dans des salons professionnels internationaux.
Le partenariat de BioArgan avec les coopératives
BioArgan s’approvisionne en amandons d’argan grâce à des partenariats directs avec des coopératives des régions d’Essaouira et d’Agadir. Nous payons au-dessus du prix du marché local et concluons des accords d’achat à long terme qui apportent une stabilité financière aux coopératives. Nous visitons et auditons régulièrement chacune de nos partenaires afin de vérifier les conditions de travail, la répartition des salaires et le respect des normes d’hygiène.
En choisissant BioArgan comme partenaire de marque blanche ou de vente en gros, les marques de beauté soutiennent indirectement cet écosystème d’autonomisation des femmes. Les coopératives bénéficient d’une demande régulière, les femmes perçoivent des salaires équitables et la forêt d’arganiers est entretenue grâce à une récolte durable : toute la filière en profite.


